Le Christ est ressuscité, 
Il est vraiment ressuscité !

La paroisse Saint-Germain l’Auxerrois de Paris
vous souhaite de joyeuses et saintes fêtes de Pâques.

 

 

Chant pascal des Eglises des Gaules
Salve Festa Dies

 

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges !
Jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.

La terre, qui reprend son éclat et sa beauté,
annonce que toute créature renaît aujourd’hui avec son auteur.

Pour applaudir au triomphe du Christ sortant du tombeau,
les forêts se couvrent de feuillage, les plantes étalent leur floraison.

La lumière, les cieux, les campagnes, les mers, célèbrent de concert
le Dieu qui s’élève au-dessus des astres, vainqueur de la loi du trépas.

Le Dieu crucifié naguère règne maintenant sur l’univers ;
la création entière adresse d’humbles vœux à son auteur.

O Christ, Sauveur de l’univers, créateur plein de bonté,
rédempteur de ton œuvre, Fils unique d’un Père qui est Dieu.

Toi qui, voyant le triste naufrage du genre humain,
daignas te faire homme pour délivrer l’homme.

Toi qui, non content de naître dans un corps, voulus dévouer
à la mort cette chair en laquelle tu pris une humble naissance.

Auteur de la vie artisan du monde, tu t’es abaissé jusqu’au sépulcre ;
pour nous assurer le salut, tu t’es engagé dans la voie du tombeau.

Mais voici que les chaînes lugubres des régions souterraines se sont rompues ;
l’abîme épouvanté a senti dans son sein pénétrer une lumière puissante.

A la présence du Christ rayonnant, les ténèbres s’effacent ;
les ombres épaisses de l’éternelle nuit ont disparu.

Ce n’est pas tout encore, ô puissant Roi ! Il est temps de dégager ta promesse ;
le troisième jour est venu ; lève-toi, mon Dieu enseveli !

Tes membres sacrés ne doivent pas plus longtemps reposer sous une vile pierre ;
la roche grossière ne doit plus retenir la rançon du monde.

Écoute ma prière, secoue ces linceuls, laisse ce suaire au fond du sépulcre ;
n’es-tu pas notre bien unique, celui sans lequel tout est néant ?

Délie ces générations captives dans leurs prisons souterraines ;
ramène dans les hauteurs tout ce qui avait croulé dans les abîmes.

Rends-nous ton visage béni, afin que le monde revoie la lumière ;
rends-nous le jour qui s’est éclipsé, au moment où tu expirais.

Mais tu as été fidèle, ô vainqueur plein de bonté ! le monde t’a vu reparaître ;
la mort est écrasée sous tes pieds ; ils sont abrogés, les droits dont elle osait se prévaloir.

Monstre au gosier béant et insatiable, elle engloutissait notre race ;
la voilà maintenant devenue ta proie, ô Dieu !

Elle revomit avec terreur ces générations qu’elle avait englouties dans sa férocité ;
et c’est l’Agneau qui arrache les brebis de la gueule loup.

En ce jour, ô divin Roi, le triomphe que tu remportas alors renouvelle une partie de sa splendeur ;
aujourd’hui que le lavoir sacré comble la félicité des âmes qu’il a rendues pures.

Une blanche armée s’élance du sein des eaux limpides,
et les âmes ont lavé la tache du péché dans les flots renouvelés par la bénédiction.

Un vêtement sans souillure exprime l’éclat dont elles brillent ;
et le pasteur se réjouit à la vue de son troupeau plus blanc que la neige.

Salut, jour solennel, vénérable dans tous les âges !
Jour où un Dieu triomphe du tombeau, et prend possession des cieux.